PS Peter Schuppisser BE · Watermael-Boitsfort
Rétrospective Édition 01

Peter Schuppisser

Portrait couleur de Peter Schuppisser, jeune, regard direct.
01 Portrait, fin années 1970

Peintre, dessinateur, professeur. Une vie d’atelier menée à Watermael-Boitsfort, traversée par une rencontre fondatrice avec Paul Delvaux et trente-cinq années passées à transmettre le geste à l’Académie.

  • 45 années d’atelier et de carrière
  • 35+ années d’enseignement à l’Académie
  • BE Bruxelles · Watermael-Boitsfort
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§ 01

Une biographie en filigrane

Peter Schuppisser est un peintre belge dont la trajectoire se confond, presque entièrement, avec un seul lieu : l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort. Il y entre comme élève et n’en partira que pour y revenir, des décennies durant, comme professeur.

Formé dans le sillage de Roger Somville, il appartient à la génération du collectif Art Public — celle qui pense que le peintre doit savoir occuper le mur autant que la toile, et qu’une œuvre vaut aussi par les espaces partagés qu’elle traverse. Très tôt, il pratique avec la même attention le dessin, la peinture et la recherche d’art graphique.

Dès le milieu des années 1970, encore élève, il fait partie de l’équipe rassemblée autour de Somville pour le grand mural Notre Temps, à la station Hankar du métro bruxellois (1974–1976) : 600 m², deux ans et demi de chantier, une commande de la STIB.

En 1982, à trente-et-un ans, il est appelé, avec Xavier Crols et Jacques Defrang, à transposer un tableau de Paul Delvaux en une toile monumentale destinée au foyer du tout nouveau Centre culturel Paul Delvaux. Cette commande, menée plusieurs semaines sous le regard du peintre lui-même, restera l’un des récits fondateurs de sa pratique.

Pendant plus de trente-cinq ans, il enseignera la peinture, le dessin et la recherche d’art graphique à l’Académie de Watermael-Boitsfort — précisément le bâtiment qu’il avait jadis peint, jeune homme, au centre de la fresque Delvaux.

Retraité depuis 2016, il déplace son atelier vers la photographie et l’infographie : le pinceau cède au pixel, mais la même attention au cadrage, à la matière et à la trame continue de se faire.

§ 02

Grandes dates

Une trajectoire en six jalons, entre l’atelier, la commune et la salle de classe.

  1. 1951

    Naissance

    Peter Schuppisser naît en 1951. Il a trente-et-un ans lorsque s’ouvre, en 1982, le chantier de la fresque Delvaux, au seuil d’une vie d’atelier et d’enseignement.

  2. Années 1970

    Académie de Boitsfort, dans le sillage de Somville

    Élève à l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort, alors dirigée par Roger Somville. Il rejoint le collectif Art Public, dont Somville est cofondateur — un engagement esthétique et civique pour l’art dans l’espace partagé.

  3. 1974 — 1976

    Hankar — Notre Temps, avec Somville

    Pendant deux ans et demi, Peter Schuppisser participe, dans l’équipe de Roger Somville, au chantier du grand mural Notre Temps à la station Hankar du métro bruxellois. 600 m², 300 dessins préparatoires, commande de la STIB. Une école de la grande échelle, du collectif et de l’art dans l’espace public.

  4. 1982

    La commande Delvaux

    Avec Xavier Crols et Jacques Defrang, il transpose un tableau de Paul Delvaux en une toile monumentale pour le foyer du tout nouveau Centre culturel Paul Delvaux. Le travail se déroule dans un local prêté par la commune ; chaque soir, la maquette signée par le peintre est confiée au commissariat voisin. Visites de Delvaux à Boitsfort et Saint-Idesbald.

  5. Années 1980

    Le retour à l’Académie, comme professeur

    Il devient professeur de peinture, de dessin et de recherche d’art graphique à l’Académie de Watermael-Boitsfort. Le bâtiment qu’il avait peint au centre de la fresque devient son atelier d’enseignement quotidien.

  6. 1980 — 2010s

    Trente-cinq ans de transmission

    Pendant plus de trois décennies, plusieurs générations d’élèves passent par ses cours. Une pédagogie ancrée dans le dessin patient, la recherche, et la fidélité au lieu.

  7. 2016 — 2026

    Retraite : photographie & infographie

    Retraité de l’Académie en 2016, Peter Schuppisser consacre la décennie suivante à une pratique personnelle nouvelle — photographie macro, infographie, expérimentations numériques. Un atelier prolongé, dans un autre médium. C’est dans cette saison qu’il revient, en 2019, sur l’épisode Delvaux dans l’entretien recueilli à Watermael-Boitsfort.

§ 03

Hankar — Notre Temps

Bruxelles, 1974 – 1976. À la station Hankar du métro, 600 m² de mural, deux ans et demi de chantier, 300 dessins préparatoires. Peter Schuppisser fait partie de l’équipe rassemblée autour de Roger Somville.

Roger Somville et deux jeunes peintres en bleu de travail devant le mural Hankar en chantier, échafaudages tubulaires.
L’équipe Roger Somville (au centre) et deux peintres de l’équipe devant le mural en chantier.
Dessin préparatoire au pinceau pour le mural Notre Temps : visages, mains, lignes brisées.
Dessin préparatoire L’un des 300 dessins du chantier, encre et pinceau.

Le 30 juillet 1976, après deux ans et demi de chantier, Roger Somville achève à la station Hankar le grand mural Notre Temps. Une commande rare de la STIB : 600 m² de peinture, 300 dessins préparatoires, et toute une équipe à pied d’œuvre.

Peter Schuppisser, alors jeune élève de l’Académie de Boitsfort, fait partie des peintres réunis autour du maître. Six ans avant le chantier Delvaux, il découvre déjà ce que veut dire occuper le mur — à grande échelle, en équipe, dans un espace public traversé chaque jour par des milliers de regards.

« L’art mural n’est pas la décoration d’un mur, d’un « panneau ». »

— Roger Somville, à propos de Notre Temps, 1976

§ 04

L’épisode Delvaux

Watermael-Boitsfort, 1982 — une commande monumentale, trois jeunes peintres, et la voix tranquille du maître.

Maquette signée Paul Delvaux : place, tramway, personnages, l’Académie de Boitsfort au centre.
La maquette Tableau signé Paul Delvaux, transposé en toile monumentale pour le foyer du Centre culturel Paul Delvaux. Au centre, l’Académie de Boitsfort.

À trente-et-un ans, Peter Schuppisser est appelé avec Xavier Crols et Jacques Defrang à transposer un Delvaux en une toile monumentale, pour le foyer du Centre culturel naissant.

La commande émane de Roger Somville, leur ancien professeur, alors directeur de l’Académie de Boitsfort et fondateur du collectif Art Public. Pendant plusieurs semaines, dans un local prêté par la commune, les trois jeunes peintres travaillent le soir, après leur journée. Tous les soirs, ils rapportent la précieuse maquette, signée Delvaux, au commissariat voisin.

Delvaux passe régulièrement vérifier l’avancement : il s’en dit chaque fois satisfait. Aucune discussion sur le thème — seuls comptent les couleurs, les pinceaux, le geste. Les échanges, dans son atelier de Boitsfort comme à Saint-Idesbald, sont d’une grande simplicité.

Le procédé

  • Toile Synthétique, robuste, peu réparable, préparée d’un fond gris taupe sombre.
  • Méthode Clair sur sombre. Lignes horizontales reportées, dessin préparatoire au crayon blanc gras.
  • Geste Touches fines à l’huile, au pinceau très fin — loin du grand aplat à la brosse ou au pistolet.
  • Documentation Un livre de costumes pour les habits, le buis observé une feuille à la fois, les essieux des trams fournis par Delvaux.

La palette dictée par Delvaux

  • Bleu cobalt
  • Rouge anglais
  • Jaune citron
  • Noir ivoire
  • Vert émeraude

Cinq couleurs, et un peu de vert émeraude « parfois ». Le reste se déduit, par mélange et patience.

Au centre de la composition, l’Académie de Boitsfort. « Elle l’a échappé belle, l’académie, on voulait la démolir ! Roger Somville s’est beaucoup battu pour la préserver… » Peter Schuppisser y enseignera plus de trente-cinq ans. Le bâtiment qu’il avait peint, jeune homme, au cœur de la fresque, deviendra son lieu quotidien.

§ 05

Œuvres & environs

Six images choisies — l’atelier, l’archive, la peinture publique et la documentation visuelle qui environne l’œuvre.

Mur peint coloré, espace public, dans l’esprit Art Public
N° 01 Espace public Lignée Art Public · peinture monumentale
Collage noir et blanc, visage en fragments
N° 02 Visage / fragment Dessin · collage · n&b
Texture dorée, trame fine
N° 03 Or, intérieur Recherche · matière · n.d.
Mosaïque de centaines de vignettes d’images d’archive
N° 04 Index visuel Archive personnelle · planche-contact
Maquette du tableau de Paul Delvaux servant à la fresque de 1982
N° 05 · finale Maquette Delvaux Tableau signé · transposition 1982
§ 06

Portraits d’archive

Trois lumières, un même regard — Bruxelles, fin des années 1970, à l’époque même de la fresque Delvaux.

Portrait sépia de Peter Schuppisser dans la nature
Sépia · extérieur · ca. 1977
Portrait noir et blanc, intérieur, montre au poignet
Noir & blanc · atelier · ca. 1979
Portrait couleur, mur de carrelage blanc
Couleur · intérieur · ca. 1980
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Aujourd’hui

Depuis sa retraite en 2016, Peter Schuppisser explore la photographie et l’infographie comme un atelier prolongé. Une image en avant.

Infographie : trame jaune profonde, formes organiques sur fond noir, motifs en réseau.
« Vous devriez commencer par le ciel. »

— Paul Delvaux, à Peter Schuppisser, Xavier Crols et Jacques Defrang · Watermael-Boitsfort, 1982

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Prendre contact

Atelier / archives

Watermael-Boitsfort
Bruxelles, Belgique

Lieux liés

Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort
Centre culturel Paul Delvaux